samedi 1 septembre 2012

Il y avait dans son sourire toute la tendresse du passé, tout ce qui s'était dilapidé avec le temps aussi, pas brutalement, mais de manière diffuse.
Il y avait dans son sourire le temps d'avant tout malheur, le temps où la fragilité se résumait à une égratignure, à une chute.
Il y avait dans son sourire l'idée de mon homme, l'homme vers qui j'aimais courir, sautant dans ses bras et, une fois toute contre lui, je pouvais penser à l'avenir avec une furieuse assurance. Son sourire portait toutes les nuances de la vie.


Ca reste toujours d'actualité.


vendredi 30 mars 2012

Je n'ai pas peur de la route

J’ai 6 montres et toujours cette impression que je ne comprends rien au temps.  Vitesse, trop lent, quel rythme pour ne jamais être victime d’un décalage horaire ?

En me lavant les cheveux, j’ai fait exprès de mettre une goutte de shampoing dans mes yeux. C’est bien de les ouvrir davantage de temps en temps, mieux voir le bonheur qui nous entoure, les détails positifs alors que la crise et les pharmaciens veulent que l’on se concentre sur ceux négatifs.
Crise mes fesses, tu m’énerves avec ta léthargie, ta mauvaise haleine, ton rôle de victime aux mains sèches.  Aime comme si ton cœur était le moteur d’une Porsche, tais-toi et agis.



Je n’ai pas peur de la route, faudra voir faut qu’on y goûte.

jeudi 23 février 2012

Notre couple, une ski story

Oui, vous avez bien lu. Synonymie totale, notre couple = le ski : Quentin aime, je ne sais pas en faire, il y a du hors piste, de la vitesse, des bosses.
Nous aimons tous les deux les risques et l’altitude.

Ciel dégagé. Télésiège (à la fois porteur et tracteur).


Je suis QUENTINte (pour décryptage, c’est le superlatif de « contente »)


dimanche 12 février 2012

Oui, surement.

Je sais que je suis bien quand :

·         Je fais la cuisine pour deux
·         Je remplace le « je » par le « nous »
·         Je pars en vacances dans ses yeux
·         Je ne fais que de sourire bêtement
·         J’entends « Mais on ne t’a jamais vue comme ça, qu’est-ce qui se passe ? »
·         Il y a un « ma » qui précède mon prénom
·         Face à lui, il est impossible de refuser
·         Je comprends ce que les mots ne disent pas, et vice versa.

Cette relation est comme de l’art moderne, il n’y a rien à dire.
Il habite au 9, coeur de Bianca. Arc-en-ciel.



dimanche 29 janvier 2012

Choups ou comment s’émerveiller pendant 3 jours. En continu

Moi aussi j’ai eu une fée chez moi – Choups, arrivée du pays des moules et des frites. Pour découvrir la choucroute et la cigogne. Elle a gagné au change, vous l’aurez compris !

Je n’aime et ne demande qu’une chose aux autres : de l’authenticité. Dans leurs propos, dans leur sourire, dans le lien que nous prenons le soin de tisser ensemble. Et justement, cette authenticité fut son seul bagage. Je n’ai même pas remarqué la grosse valise, bagage de la citadine Choups qui aurait pu lui servir pendant 2 semaines, mais qu’elle a jugé « just » pour 3 jours.

3 jours. J’aime quand j’oublie le temps, quand je profite tellement de la présence de l’autre. J’aime quand j’articule mon rythme autour du sien. J’aime la regarder et me persuader qu’elle est bien là.
Elle a fait ce qu’il ne fallait pas faire : m’a regardée, dans le tram, et 2 larmes prirent possession de ses joues. On ne dit jamais à Anna Wintour qu’elle se trompe. On ne m’impressionne jamais à tel point.


J’aime notre complicité, je pourrais partir en vacances dans notre complicité. Je me demande si elle n’a pas fait exprès d’oublier son gel douche, pour que je reste figée dans les souvenirs de ces 3 jours.


J’ai envie de crier, de raconter ma vie à tout le monde.

dimanche 15 janvier 2012

J’ai 1 an

Salut tout le monde, j’ai demandé à maman d’écrire pour moi, souvenons-nous: je suis né le 15 janvier dernier, je pesais 3,5 idées et faisais 49 cm de dentelle. Maman me dit que j’étais beau, que je le suis encore et…elle est persuadée que je le resterai. Mouais.

Je tiens debout et dis quelques mots, d’un ton mal assuré. Maman m’a expliqué que c’était très difficile de passer du regard à la conversation, de l’œil au mot. J’aurai toute une vie pour apprendre.
Je la regarde des fois, mes yeux restent immobiles, les siens lancent des flammes. C’est que les miens sont trop fragiles, c’est que les siens sont perceurs d’âme.

Ca se voit que c’est maman qui écrit, elle parle plus d’elle et n’écoute pas ma dictée. Mais elle a les pouvoirs d’une grande. Je la boude et vais au lit, 22h42 c’est trop tard pour un petit d’1 an. Une folie dans l’année. Une.

Ce soir le monde paraît plus beau.

mercredi 28 décembre 2011

Pourquoi les gens veulent me faire boire?

Je suis, depuis un bon moment, en mode « On ne boit pas, on ne fume pas, on s’entraîne ». C’est la devise de Baptiste Giabicconi, je vous avoue, mon objectivité frôle le 0%.
« Je paierais cash pour te voir boire »-on me le dit depuis le lycée.  Et ils insistent. Ca s’apparente même  au triomphe ultime de celui ou celle qui réussirait à me faire avaler quelques cl d’alcool.
Comme pour toute chose répétitive de ma vie, je cherche le pourquoi.

Je n’aime pas boire. Je ne le fais pas par principe, mais j’ai essayé et n’aime pas le goût. Aucun goût, et Dieu sait que mes lèvres ont touché pas mal d’excitants de ce genre. Mon ivresse, je la trouve ailleurs.

Ils doivent se dire (permettez-moi les hypothèses) :

« Elle ne sait pas se laisser aller. » Quelle absurdité. On se laisse aller quoi qu’il arrive. La vie consiste à se laisser aller.
« Elle serait plus à l’aise et oserait faire des choses loufoques. » Je dis ou fais assez d’inepties en étant sobre. Cette insouciance nocturne est innée chez moi.

Je ne veux pas échapper à ma condition, je suis là, dans une lucidité absolue. C’est ma jeunesse, mon divertissement à moi.
Ils nagent dans le premier degré, tentent de me faire boire-afin d’accéder à un peu de vie avec moi ?

« Tchin tchin » (et je te regarde dans les yeux, d’accord ?)

lundi 12 décembre 2011

Actualité

Suis heureuse.

Ce jeudi-là est toujours présent : je le trouve dans le dimanche et le lundi. Et il continue de survivre le mardi ou le vendredi. Il n’en finit pas, prend des allures de douce éternité, se saupoudrant partout sur l’avenir.


dimanche 11 décembre 2011

Masks

This is, for me, the most beautiful poem ever written.

mercredi 7 décembre 2011

High School Dating for Dummies

From the submitter:
She used to have a boyfriend, who got her pregnant and ditched her, whom she broadcasted about on Facebook… I can only guess the boyfriend comes back and asks for forgiveness… She seems to really believe in the chain notes/statuses thing, not in a running-around-screaming-I-believe way, but in the believe-it-or-it-will-come-to-life-and-hold-a-gun-to-your-head way.


And wouldn’t you know it, her comfort movie is Twilight.

jeudi 24 novembre 2011

Sketch du soir

-Ca va, toi?
-Bien bien. Un peu fatiguée, dérive mentale. Surchauffe. Mais bien, globalement.
-Punaise, mais je te dis depuis des siècles, fais simple ! Mais tu ne sais pas et ne veux pas l’apprendre.
-Hého, j’ai tué mes fantômes. J’ai les jambes lourdes ce dernier temps. C’est comme si mon cœur était descendu en se dispatchant droite-gauche.
-Fais gaffe, tu risques de lui marcher dessus !
-Ca me ferait des ampoules.
-Tu es désinvolte, tu n’as l’air de rien.


mardi 22 novembre 2011

Actualité

“Je suis comme un steak haché congelé dans une poêle : je ne sens rien et pourtant je brûle. » (« Intouchables ») Il n’y a pas une phrase qui me décrive mieux en ce moment précis de ma vie (précis mais quand même dans la continuité, allez comprendre.)

C’est comme si je m’efforçais de tomber amoureuse.

C’est toujours délicat, un homme qui aborde une femme. Elle se dit qu’il passe son temps à faire ça, puis elle lui répond « Mais je n’ai pas le temps ! », sur un ton d’offusquée. Alors qu’elle n’a rien d’autre à faire. Soit elle a peur car elle généralise de trop, soit elle en a marre d’entendre « T’es bonne, t’es belle, viens par ici ! » - grosso modo, la pensée à l’origine de « Bonjour, jeune femme. » Que dis-je, la pulsion.

J’aimerais me comprendre. Ca arrangerait tout le monde.


mercredi 9 novembre 2011

Ma vie comme un match de foot

Je suis titulaire.
J’ai des moments où je travaille en équipe, les passes s’enchaînent, et des moments où je veux finaliser toute seule.
J’ai déçu, comme j’ai fait aimer mon spectacle.
J’ai été hors jeu, j’ai blessé et ai été blessée.
J’ai accusé l’arbitrage, j’ai gueulé, on m’a sifflée.
Je pendule entre offensive et défensive.
Pour certaines mi-temps, j’aurais bien voulu du temps supplémentaire. L’arbitre en a décidé autrement.

Je joue le mieux possible pour ne pas recevoir le carton rouge.
Ma vie est un match de foot.


mardi 1 novembre 2011

On joue et on déchire

Je ne partage et n'approuve que des miettes de ce poème. 
Sauf que je ne sais pas lesquelles.
L’ensemble ne me plait pas, mais certaines associations marquent mon esprit.
Je suis telle que je m'avais connue : jamais séduite en totalité, que des fractures qui me tiennent à côté de l’autre.

« L’amour, l’amour » - Michel Houellebecq

Dans un ciné porno, des retraités poussifs

Contemplaient, sans y croire,
Les ébats mal filmés de deux couples lascifs ;
Il n'y avait pas d'histoire.


Et voilà, me disais-je, le visage de l'amour,

L'authentique visage.
Certains sont séduisants ; ils séduisent toujours,
Et les autres surnagent.


Il n'y a pas de destin ni de fidélité,

Mais des corps qui s'attirent.
Sans nul attachement et surtout sans pitié,
On joue et on déchire.


Certains sont séduisants et partant très aimés ;

Ils connaîtront l'orgasme.
Mais tant d'autres sont las et n'ont rien à cacher,
Même plus de fantasmes ;


Juste une solitude aggravée par la joie

Impudique des femmes ;
Juste une certitude : "Cela n'est pas pour moi",
Un obscur petit drame.


Ils mourront c'est certain un peu désabusés,

Sans illusions lyriques ;
Ils pratiqueront à fond l'art de se mépriser ;
Ce sera mécanique.


Je m'adresse à tous ceux qu'on n'a jamais aimés,

Qui n'ont jamais su plaire ;
Je m'adresse aux absents du sexe libéré,
Du plaisir ordinaire.




Ne craignez rien, amis, votre perte est minime :
Nulle part l'amour n'existe.
C'est juste un jeu cruel dont vous êtes les victimes ;
Un jeu de spécialistes.


lundi 24 octobre 2011

Bref, j’ai aimé un sourire

J’arrive avant l’heure, les bonbons étaient sur la table. J’avais également amené trois paquets, histoire de ne pas arriver les mains vides. D’éviter aussi leurs yeux qui baissent pour chercher une attention et mes excuses « Tu sais, tout était fermé, puis je ne bois pas…donc pas de bouteille. »

Il était sur le canapé, c’est alors que je fus confrontée à un problème majeur : son sourire frappa énergiquement à la porte des émotions. Ce type de sourire qui rassure « Viens, je suis trop gentil, tes soirées seraient tranquilles et gaies avec moi. » Ce sourire qui te tend la main. Je l’ai regardé comme s’il était une effraction de la réalité.

Bonbons, musique, danse, passages, idées. Jeunesse.
Bref, j’ai aimé son sourire.

mardi 27 septembre 2011

Et le manège tourne, tourne, tourne.

J’ai trouvé ce passage sur un profil Facebook, publié en description de la photo suivante.
J’ai bien aimé.
Je le partage.



« Les lumières dansent et m'éblouissent. Tout est flou autour de moi. Je n'y comprends plus rien. J'ai le vertige. Et le manège tourne, tourne, tourne. J'essaie en vain d'attraper ce joli pompon qui trône au dessus de ma tête. Parfois il me parait tout près, et quand du bout des doigts je le touche, il s'en va loin, très loin. Je tremble, de tout mon corps. Et le manège tourne, tourne, tourne. J'ai froid. Dans mon esprit, tout se mélange, plus rien n'a de sens. J'ai l'impression de n'être rien de plus qu'un pantin avec lequel on joue, sournoisement. J'ai le cœur serré et la nausée. Et le manège tourne, tourne, tourne. Je ferme les yeux et je cherche le sommeil, pour essayer d'oublier ces lumières aveuglantes qui se mêlent les unes aux autres. Je suis épuisée. J'ai beau avoir la peau lisse comme une pierre blanche, j'ai la sensation de tourner depuis des milliers d'années. J'espère, je crois, j'imagine. Je tombe et je me relève, sans cesse. »

dimanche 14 août 2011

De l'enfant et de l'adulte. Ponts.

Ma réponse à l’article « Innocence ».
"Le-neutron-libre", un blog REMUE-MENINGES.



C’est une femme “enfante” qui t’écrit, un fournisseur d’enthousiasme (tu auras vite compris que l’enfant prend plus de place). Une créature qui aura biologiquement 23 ans et  psychologiquement…40. Ce n’est pas à plaindre, ce n’est pas non plus très utile. Pas toujours.

Il est dit que tout type de communication comprend deux composantes : la manipulation et l’espionnage. Je trouve qu’elles sont propres à l’enfant et à l’adulte, seuls les enjeux sont différents. Un enfant va manipuler (en pleurant, le plus souvent) pour obtenir un achat immédiat, le pardon, l’autorisation de faire ceci ou cela. Il n’est pas dans un calcul malsain, je peux accepter son jeu et faire semblant de jouer pour le laisser gagnant.
Un adulte vise un contrôle plus délicat, raisonné, parfois mesquin. Mesquin car sa manipulation peut se traduire par « Tu vas abandonner ce cercle d’amis pour rester avec moi », « Tu prendras cette décision et pas une autre. » Une manipulation assimilée à l’escroquerie sentimentale, au chantage. Propre à l’enfant aussi, mais je peux lui pardonner-au dernier.

Un adulte peut tout faire avec le temps, sauf le perdre. D’où un tas de bouquins sur la gestion du temps, son organisation optimale et d’autres inepties du genre. Pour l’adulte, « Time is money », pour l’enfant – « Time is game, time is candy. » Je n’ai jamais entendu un enfant me dire “Plus tard, une autre fois, je n’ai pas le temps.”



Confetti : un terme qui me traverse l’esprit et qui, encore une fois, est propre à l’enfant et à l’adulte. Lié à la fête. Celle qui fait naître des passions qui lui survivent.


Je connais quelques adultes caractérisés par une petitesse …c’est terrible.

samedi 13 août 2011

De l’espoir et de l’attente

Nous parlions l’autre jour de l’espoir, avec Alexandre. Il me disait que j’avais plus que lui. Plus de quoi, je ne saurais pas vous dire, car je n’ai jamais réussi à mesurer l’ampleur du phénomène.

Y a-t-il une relation étroite, obligatoire entre espoir et attente ? Tout espoir implique une attente, toute attente a comme catalyseur un espoir. Sauf que j’arrive à la conclusion que l’espoir ne se suffit pas à lui seul. Pour survivre, il lui faut la lucidité du concret, un minimum de vécu positif, un cumul d’actes et/ou de mots-locomotive.
J’ai attendu, mais mon espoir était bête. Ou aveugle. En tout cas, la réalité lui disait 
« éteins-toi ! ».


Je souhaite bonne chance à Alexandre. Et une balance qui pèse juste.

dimanche 24 juillet 2011

La pluie et l’émancipation de mon âme

La pluie connaît bien l’art de donner. J’aime son spectacle, sa chorégraphie. Mes yeux se régalent, mon nez (l’odeur de la terre- après-pluie), mes oreilles, mes pieds nus.

Je me trouve assez lâche dans notre relation, je m’explique. Ma plus grande joie est de la voir sur les vitres de la voiture, sur mes fenêtres, quand je suis à l’abri. Cette fichue obsession d’être à l’abri ! Comme ça, je profite de sa beauté, j’y retrouve mon compte, mais je ne donne rien en échange (car je ne quitte pas ma zone de confort). Injuste, trop.

Je lui reproche une seule chose : elle écoute plus ou moins à une saisonnalité, donc elle ne me garantit pas d’être là tout le temps ou bien quand j’en aurais envie. Injuste, aussi. Parce qu’elle m’inflige le manque, alors que je l’aime. Et « aimer c’est bien, mais il faut aussi qu’on vous aime quand vous voulez qu’on vous aime » (Karl). Ca c’est encore autre chose.

Emancipation de mon âme, en images et son (d’avoine, aidé par la pluie).

dimanche 17 juillet 2011

Omar Boughardayan, tel que nous ne le connaissons pas

Il arrive souriant, les yeux qui pétillent, prêt à me laisser entrer dans son intimité. J’ai une ou deux questions à lui poser, le reste est l’œuvre de son ouverture, de son désir de partage. Je suis plutôt habituée à donner des interviews, donc me voici prisonnière d’une émotion, d’une maladresse inconnue. J’avais des appréhensions quant au résultat, quant à la forme. Je ne voulais surtout pas le décevoir. Nommez- moi « ringarde », j’ai adoré cette découverte d’un homme riche, simple, dans le vrai.

Tous les jours à l’ISEG, c’est lui qui ouvre, c’est lui qui ferme. Il y a beaucoup qui le traitent de « pilier » de l’institut. Arrivé en France le 16 février 1991, Omar ne fait partie du Groupe Ionis que depuis 2003. Il était le couteau suisse des anciens locaux (Rue du Général de Castelnau), il l’est toujours dans l’ancien hôtel Livio, Rue du Dôme. Vous voyez, le temps passe, des Iségiens reçoivent leurs diplômes à Paris, Omar ne bouge pas. Parce qu’il ne le veut pas : « On reste jeune quand on est parmi des étudiants. Je veux de cette jeunesse, Bianca. Toujours, toujours ! »

Ce qu’il aime le plus, c’est de parler avec tout le monde. De la 1ère à la 5ème année, il échange des idées (me fait-il savoir) sur les études en priorité, sur la crise économique, sur la culture générale et sur le football. Nous concluons qu’Omar lit les actus, qu’il aurait beaucoup de choses à nous apprendre, tout en étant un fervent supporter du Racing, de l’OM et, bien sûr, des Bleus. J’ai eu des échos, comme quoi il jouait très bien aussi. Je vous défie donc d’être ses adversaires tous les week-ends, au stade de l’ASPTT de Koenigshoffen.

Notre gardien du temple parle ouvertement sur ses deux cultures, berbère et arabe. Il se méfie des amalgames et m’explique qu’il est berbère avant d’être arabe : « A la maison, nous parlons le berbère, J’ai appris le français au Maroc. » J’ai évité d’être trop envahissante sur cet aspect, je l’ai laissé dire ce qu’il voulait que nous sachions.  Voici la définition d’une belle personne pour lui : «  Quelqu’un qui a le sens de la justice, du partage et qui respecte la parole donnée. C’est très important, hein ! (les yeux grand ouverts) » Très beau surtout, j’acquiesce. Il est pédagogue et me donne tout de suite un exemple concret : «  Vous voyez, Bianca, si je dis à ma femme que je lui achèterais un cadeau si j’avais la prime de Noel, il faut absolument que je le fasse ! ».

Omar s’avère aussi un fin analyste des comportements. Les sourcils froncés, il me laisse savoir qu’ « il y a beaucoup de gaspillage-papier en salle info et que les gens n’éteignent pas toujours la lumière quand ils partent. » Il nous apprend aussi que les filles fument plus que les garçons, « 1 garçon pour 3 filles, donc 2 garçons – 6 filles. » Il est matheux. Mais les Iségiennes travaillent plus que les Iségiens, faut dire. « Les filles ont le stress. J’ai vu des garçons qui allaient faire les soldes aux Halles pendant que les filles de leur équipe bossaient. »

Me dit, en souriant, que certains gens de l’institut le respectent, d’autres l’aiment. « Je fais partie de quelle, catégorie, Omar ?»/ « Vous, Bianca, vous m’aimez. » J’acquiesce de nouveau. Pour finir, je le prie de me sortir des métaphores de la culture arabe que j’admire tant. Je vous laisse, chers lecteurs, sur ces mots de sagesse : « L’amour de la femme nous rend aveugles. L’amour du pouvoir nous rend cruels. L’amour de l’argent nous rend corrompus. Mais l’amour de la science nous rend des hommes sages. » Et n’oubliez pas, « On ne construit pas une maison sur des sables mouvants. »